Thursday, 19 May 2011

Préparatifs (2) : De l'art de tout prévoir (même les choses les moins agréables...)

Une autre chose à prendre en compte lorsqu'on se rend un "pays à risques" tel que l'Inde, c'est qu'on a aussi beaucoup plus de chances (enfin, façon de parler...) d'y attraper le paludisme, la tourista, le chikungunya, le tétanos... et plein d'autres choses pas franchement agréables. Dès que j'ai eu mon billet d'avion en poche, j'ai donc du me renseigner sur les différents vaccins conseillés, les traitements à prendre, les mesures d'hygiène à respecter.

Ce qu'il y a de bien, c'est qu'il n'y a rien d'obligatoire pour entrer en Inde. Mais comme je n'ai pas vraiment envie de passer mes vacances au lit ou sur les toilettes, j'ai quand même décidé de faire mon rappel DtP (Diphtérie-Tétanos-Polio) et de me faire aussi vacciner contre la typhoïde et les hépatites A et B. J'ai aussi acheté à la pharmacie un traitement contre le paludisme (Savarine, un comprimé à prendre tous les jours et quatre semaines après le retour, j'espère que je ne vais pas trop souffrir des effets secondaires...). Et je suis en train de me constituer petit à petit une trousse de secours avec anti-moustique, compresse stérile, crème solaire, paracétamol, smecta etc etc, je vous mettrais peut-être une petite photo quand je l'aurai terminée. Tout cela à un prix (déjà 52 euros pour les vaccins qui ne sont pas tous remboursés et 72 euros pour le traitement anti-paludéen), et heureusement que ma mutuelle étudiante la LMDE m'accorde généreusement 90 euros par an pour ce genre de dépense ! Avec elle, je suis d'ailleurs également déjà couverte pour tout ce qui est hospitalisations et frais de rapatriement, j'ai juste eu à envoyer un papier indiquant la durée et le lieu du séjour.

J'ai aussi trouvé sur Internet beaucoup de conseils sur règles d'hygiènes à suivre là-bas si on veut éviter de chopper des trucs pas cool dont la tourista : bien se laver les mains avant chaque repas, ne manger que des aliments cuits et épluchés, boire uniquement de l'eau en bouteille et éviter les glaçons... j'ai acheté des comprimés pour désinfecter l'eau Aquatabs au cas où mais je pense ne pas avoir à m'en servir surtout pendant la première partie de mon séjour vu que Pune est une grande ville où je devrais pouvoir trouver des bouteilles d'eau minérale assez facilement.

Si vous aussi vous partez hors Europe, je vous conseille le site Vaccinations Voyages qui est très bien fait et regorge d'informations sur la santé en voyage, et pas seulement sur les vaccins.

Sinon bonne nouvelle, j'ai eu les résultats de mes examens mercredi et j'ai donc validé ma deuxième année de licence avec mention Assez bien. Un peu "déçue" puisque j'avais décidé d'attendre juillet pour partir au cas où je doive aller aux rattrapages en juin mais quand même contente d'en avoir fini, et surtout d'être débarrassée du droit administratif et du droit civil. L'année prochaine on aura des matières apparemment plus
intéressantes, comme "Protection internationale des droits de l'homme", "Droit International Public"... Mais aussi un "Grand Oral" :/ Enfin bon, pour l'instant, vacances !

En revanche je suis déjà fatiguée par l'administration. Je suis allée à Paris la semaine dernière porter le dossier pour mon Visa, mais ils me l'ont pas pris soit disant qu'il me manquait des papiers. Les dits papiers portant sur salaire, l'expérience professionnelle etc je pensais en toute bonne foi ne pas être concernée vu que mon stage est non rémunéré. J'ai eu beau leur répéter que "it's an UNPAID internship" ils n'ont rien voulu savoir. En plus de ça je ne comprends toujours pas pourquoi je dois demander un visa travail et pas un visa étudiant, payer deux fois plus cher et fournir des documents et des documents. Bah non, un relevé de notes tamponné et la convention de stage signée,ça leur suffisait pas pour prouver que j'étais bien étudiante, il leur fallait en plus un certificat de scolarité, mon diplôme du Bac, etc etc. Autant vous dire que j'étais bien remontée, que j'ai perdu une semaine à téléphoner à droite à gauche, que je dois retourner au VFS mardi et que j'espère bien qu'ils feront pas d'histoire cette fois. Sinon tant pis, je dis rien à personne et je prends un visa touriste. Nan mais oh !

La suite au prochain épisode !

Edit : j'ai enfin terminé ma trousse de secours ;  bon en fait il paraît qu'on peut trouver les même choses en Inde (et pour beaucoup moins cher) mais comme j'ai pas envie de m'angoisser et de devoir courir à la pharmacie s'il m'arrive à truc, j'ai prévu une petite réserve à l'avance, juste au cas où.

Smecta, Savarine, Aquatabs...
Et la fameuse trousse !
Biafine, antimoustique...

Friday, 13 May 2011

Préparatifs (1) : Demain j'engage une secrétaire !

Voilà un moment que je n'ai pas écrit ici, et pourtant je ne suis pas restée inactive ces dernières semaines, loin de là...

Tout d'abord, je dois passer (et surtout réussir) les examens du semestre 4 de ma licence Droit-Langues. Oui je sais, ça n'a l'air de rien comme ça mais c'est quand même 4 examens de droit et 6 de langues, soit 19h d'examens au total, répartis sur 2 semaines. A l'heure où je vous parle il m'en reste encore 2... Mais j'avoue avoir déjà la tête un peu ailleurs.

En effet, j'ai eu pas mal d'autres choses à organiser et à faire concernant mon départ, et notamment de la paperasse en veux-tu en voilà.

*Et pour commencer, la convention de stage, que l'université exigeait signée en trois exemplaires, originaux s'il-vous-plaît. Ou comment faire comprendre à la pauvre secrétaire du bureau des stages que le service postal en Inde n'est peut-être pas aussi développé qu'en France et que par conséquent, ce n'est pas de ma faute si les conventions sont revenues de Pune dans un piteux état... Mais j'ai finalement obtenu le fameux tampon du doyen, sésame pour ma liberté (oui bon, il n'y a rien de mal à être enthousiaste !)

*Il a ensuite fallu m'attaquer au dossier de bourse Explo'Ra. La région Rhône-Alpes et en effet assez généreuse et accorde 90 euros par semaine aux étudiants partant à l'étranger. C'est pas énorme, mais c'est quand même pas négligeable, et converti en roupies, c'est encore mieux ! Cependant, on n'a rien sans rien, et pour la mériter, il faut fournir un tas de documents, remplir des papiers et surtout, rédiger... une lettre de motivation ! Jusque là, j'avais dû en rédiger une ou deux seulement. Que dire ? "Bonjour madame, voilà je voudrais aller en Inde pour voir les éléphants et aider les enfants des bidonvilles donc ça serait bien que vous m'aidiez un peu financièrement vous voyez..." Bof. Finalement, je m'en tire avec des arguments un peu clichés comme l'importance de découvrir une autre culture, pays en développement qui va avoir un rôle à jouer sur la scène internationale dans les années à venir, cohérence avec mon projet professionnel, expérience enrichissante blablabla je vous prie d'agréer etc. etc. Au bout de quelques jours, je reçois un mail de confirmation, et voilà, 380 euros en poche, enfin presque. Et oui, il ne faut pas exagérer non plus, l'argent ne sera transféré sur mon compte qu'à mon retour, après que j'ai mis en ligne le rapport de stage...

*Et puis le Visa. Voilà ce qui arrive quand on choisi une destination hors UE, on se retrouve avec de la paperasse en plus ! L'organisme qui s'occupe de traiter les demandes est le VFS, mais avant de faire une demande, encore faut-il savoir pour quel Visa. Le stage étant conventionné par ma fac, je pensais à titre légitime m'orienter vers le Student Visa. Grossière erreur ! Lorsque que je téléphone au centre d'appel (-"Bonjour, ce serait pour une demande de renseignement concernant un Visa. -" Un Visa pour quel pays je vous prie ?" -"Bah euh... C'est bien le centre d'appel de Visa pour l'Inde là non...") on me répond dans un français (très approximatif, la prochaine fois je téléphonerais directement en anglais je comprendrais peut-être mieux !) que comme c'est un stage en ONG et pas dans une entreprise "normale", il me faudra le Employment Visa. Première expérience de la bureaucratie à l'indienne où tu comprends pas trop le pourquoi du comment... à part peut-être le fait que le Visa travail est beaucoup plus cher que le Visa étudiant : 200 euros, c'est pas donné l'aventure. Et là encore une liste interminable de papiers à fournir... Le prochain épisode début juin, j'ai décidé d'aller directement à Paris pour que ça aille plus vite, et m'économiser des frais de Chronopost.

*J'ai aussi réservé mes billets d'avion, dès que j'ai eu en main ma convention signée par ma fac pour avoir les meilleurs prix. Je m'envolerai donc avec Air India de Paris Charles de Gaulle le 4 juillet à 22h00, et j'atterrirai à Mumbai le 5 juillet heure locale 14h30. Soit une sacré paire d'heures d'avion et une escale à Delhi. N'ayant pris l'avion que deux fois dans ma vie, à chaque fois pour de courtes durées d'1h30 maximum, je ne sais pas encore dans quel état je vais arriver.

Let's see ;)

Saturday, 26 March 2011

Sahyog Trust


Voilà donc l'ONG dans laquelle je passerai 5 semaines cet été, du 12 juillet au 12 août.
Plus précisément, je serais à Pune, à environs 200km de Mumbai dans la branche Human Rights and Law Defenders (en français "Défenseurs des Droits de l'Homme et du Droit/de la Loi", oui j'avoue ça le fait tout de suite moins). Cette organisation agit dans divers secteurs (droit des femmes, droit des enfants, droit de l'environnement, droit des intouchables, des prisonniers...)

Les premiers contacts que j'ai eu par mail ou téléphone se sont bien passés, la responsable Mme Rama Sarode à l'air vraiment très gentille et est toujours prête à m'aider pour les formalité, la recherche de logement... Apparement, il y aura aussi des étudiants allemands cet été, j'aurais donc sans doute la chance de faire d'une pierre de coup et de pratiquer la langue de Nietzsche en plus de celle de Shakespeare :)

 Sinon, voici un extrait d'un article trouvé dans The Times Of India, à propos de la branche HRLD :

The Human Rights and Law Defenders, the legal wing of the Sahyog Trust, run by advocates Asim and Rama Sarode, is offering students of the media, law, social work and international relations a chance to build a holistic perspective on the mechanisms of the socio-legal-political-bureaucratic system. "We take about 15 students every month for the four months of April, May, June and July. We want to provide them with an exposure to issues not covered in their academic curriculum. From workshops and interactive discussions with socio-legal experts, to a comprehensive introduction to human rights, we give them topics of study and projects - to say nothing of regular film screenings and field visits to courts, NGOs, police stations and government offices. The objective is to help develop professionals who understand systemic challenges," said Rama Sarode.
Pour plus d'informations, j'ai mis le site de l'organisation dans la liste des liens ;)

Friday, 25 March 2011

Welcome ! नमस्ते ! Bienvenue !




Bonjour et bienvenue sur le blog de Maya in India !


Etudiante en deuxième année de double licence de droit et de langues à Grenoble, j'ai choisi de réaliser mon stage professionnel à l'étranger dans une petite ONG de protection des droits de l'Homme à Pune, en Inde. Du 4 juillet au 11 septembre 2011, je serai donc au pays aux milles dieux, milles cultures, milles langues et milles épices, et ce blog retracera mes aventures, de la préparation du projet à mes péripéties sur place, jusqu'à mon retour. 
Bonne visite !



Reprenons depuis le début...
Tout à commencé par un beau jour de rentrée des classes.  Après les traditionnels blabla sur l'assiduité en cours, l'importance de travailler régulièrement, la distribution des emplois du temps, l’orientation etc., on nous rappelle l'air de rien que pour valider cette deuxième année, il faut que nous réalisions un stage à l'étranger. Angoisse. Me connaissant, j'allais encore m'y prendre à la dernière minute et me retrouver avec un truc bidon dans un cabinet d'avocats gâteux qui me forceraient à faire le café et les photocopies pendant qu'ils règleraient les affaires de M. X and Mme. Y qui souhaitent (bien évidemment comme dirait notre chère prof de droit civil) divorcer. Bref, pas vraiment le genre dont je rêvais (mais bon après, chacun ses goûts !). Eh bien non, pas cette fois. Cette fois, Maya décide d'anticiper. 

Dès le premier semestre, je commence donc à fouiller sur internet, au bureau des stages de la fac, je m’informe auprès  d’anciens de la filière… Je me vois bien passant l’été à la Cour Européenne des droits de l'Homme, à l'ONU, à l’ambassade de France à New York… Hep hep hep minute ma petite. T’as même pas encore de diplôme et c'est ton premier stage alors on va peut être revoir tes ambitions à la baisse. Bon, réfléchissons. Je n'ai vraiment aucune envie de passer mes deux mois de vacances enfermée dans un bureau à aider la société immobilière de Pétaouchnok à vérifier ses contrats. Que faire ? Soudain, l'éclair de génie : puisque je ne peux pas encore être utile à grande échelle, je serais utile à petite échelle. Maya décide de faire son stage dans une ONG des droits de l'Homme.

Il y a malheureusement l'embarras du choix dans ce domaine. Où aller ? Partout dans le monde cette cause à besoin de soutien. Amérique du Sud, Asie, Moyen-Orient, et même pas plus loin que chez nous en France. Mais à vrai dire, j'ai déjà ma petite idée. Ce pays m'attire depuis un moment déjà, sans que je ne sache vraiment pourquoi. Un pays aux milles saveurs, aux milles sons, un pays aux milles couleurs, aux milles passions. Maya décide de partir en Inde.

Au bureau des stages, je ne trouve qu'un seul rapport de stage pour ce pays. Une petite ONG de protection des droits des femmes dans le Sud, mais la fille qui l'a écrit a l'air de s'être sérieusement ennuyée pendant un mois. Qu'à cela ne tienne, je commence à chercher moi même. Internet est mon précieux allié, je trouve des centaines de sites. Peu d'entre eux ont l'air sérieux, la plupart proposent du volontariat plutôt que de vrais stages. Finalement, Maya tombe sur le site de Sahyog Trust.

Sahyog Trust, c'est exactement le genre d'organisation que je cherchais. Pas vraiment de l'humanitaire mais plutôt une vraie ONG de défense de droit de l'homme avec des avocats spécialisés dans ce domaine. N'ayant pas l'habitude de ce genre de démarche, j'envoie timidement un premier mail le 27 décembre, dans lequel je présente brièvement ma situation et demande si ils prennent des stagiaires étrangers pendant l'été. A peine 30 minutes plus tard, je reçois une réponse positive. Cri du coeur. Maya est en route pour l'aventure !